Résumé
La première source de vulnérabilité de l’entreprise africaine est la domination culturelle. En Afrique, on assiste à la négation de nos richesses culturelles, à l’adoption sans critique des « valeurs » culturelles occidentales. Le bât blesse là où, en plus de l’adopter, nous considérons la culture occidentale comme l’étalon de mesure de toute valeur culturelle. Or, nous savons que la culture d’une nation est la source nourricière du progrès, la fondation de son existence, le matelas sur lequel repose ce progrès.
L’abandon de nos richesses culturelles explique en partie la stagnation du progrès en Afrique, le retard que nous accusons par rapport aux autres continents, et surtout la domination continuelle que nous subissons. Cette mentalité de l’extraversion intellectuelle nous a plongés dans la domination permanente. Nous continuons de croire qu’un expert européen, chinois ou américain débarquera et nous conseillera, nous indiquera ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Soixante ans après les indépendances, des institutions souveraines, aussi sensibles que la présidence de la République ou le
ministère des Finances de certains pays africains continuent de regorger de conseillers occidentaux. D’aucuns les appellent experts, mais pour être direct, ce sont des espions en mission. Sous le fallacieux prétexte de la coopération, ils accomplissent un agenda préventif de toute « déviation » qui pourrait aboutir à l’affranchissement de l’Africain, donc à la perte de l’influence occidentale sur la richesse africaine.
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